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Flashback : L’histoire derrière l’enregistrement du morceau The End des Doors

Publié le 21/10/2020 par Adrian Heys
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Flashback : L’histoire derrière l’enregistrement du morceau The End des Doors 

 

On revient aujourd’hui sur la session d’enregistrement mythique de The End des Doors, morceau épique, hautement controversé qui marqua des générations entières. En 1966, le groupe - fraîchement signé par le label Elektra de Jac Holzman – démarre les sessions d’enregistrement de leur premier album éponyme aux studios Sunset Sound à Los Angeles. Quelques mois plus tard, les Doors seront propulsés sur le devant de la scène rock américaine grâce à des chansons envoutantes, originales et à un frontman charismatique unique en son genre…

 

 

 


Le contexte


 

On est début septembre 1966 quand The Doors débutent l’enregistrement de leur premier album à Los Angeles. The End, la chanson phare du disque, durant plus de 11 minutes (complètement inédit pour l’époque) est censé clôturer l’album en apothéose.

Quelques jours auparavant, Jim Morrison a réussi à faire virer son groupe du mythique club Whisky à Go-Go pour des obscénités prononcées en plein milieu de The End alors qu’il était sous 10 000 microgrammes de LSD. Durant cette période, Morrison est alors complètement atteint par le mythe d’Œdipe. Après les deux premiers couplets, il se met à improviser un récit macabre comme il en a l’habitude et décrit un tueur qui déambule dans une maison à l’aube. Lorsqu’il arrive à la chambre de ses parents, il lâche : "Father…  Yes son? – I want to kill you. Mother… I want to fuck you !". Le groupe va alors retenir ce passage pour l'album. Il sera désormais joué à chaque performance.

 

 


Une séance de mysticisme

 


Les Doors entrent donc à Sunset Sound à la fin de l'été 1966 pour l'enregistrement de ce qui sera plus tard considéré comme l'un des plus solides premiers albums enregistré par un groupe de rock. Ce soir-là, le groupe s'attaque à The End, une chanson que Jim a écrit pour sa copine de lycée Mary Werbelow. Il n'a cessé d'y rajouter des paroles, faisant d'une chanson d'amour une longue ballade chamanique.





Jim est devenu un peu fou au moment de l'enregistrement. Trop défoncé à l'acide pour chanter, il saborde la session qui est reporté au lendemain. Le moment venu, il disparaît du studio au grand dam du reste du groupe. Un des membres le retrouve à Blessed Sacrament, la grande église catholique juste en face du studio. Il ramène avec lui un livre de prières et commence à déchirer les pages une par une, en se murmurant à lui-même. Bruce Botnick, l'ingé son, décide d'augmenter le volume du moniteur situé dans la cabine de Jim et l'entend psalmodier : "Kill the father, fuck the mother." Il se dit que ce doit être un passage de The End, qu'il n'avait pas écouté avant les sessions d'enregistrement. Il avait remarqué que parfois, Jim se référai à des paroles écrites à la main sur des bouts de papier qu'il glissait dans la poche arrière de sa salopette.





 

Jim décide d'éteindre toutes les lumières du studio. Il allume des bougies et de l'encens pour se mettre dans l'ambiance. À la fin de la première prise, l'ingé son et le producteur Paul Rothchild se regardent et se rendent compte de ce qu'ils viennent de capturer. Les musiciens ont tout donné, Jim était quasi en transe et le résultat est gravé pour l'éternité. Le producteur demande quand même une autre prise au cas où, mais Morrison est encore une fois trop défoncé pour chanter. La session se termine, tout le monde rentre chez soi sauf le chanteur…

La nuit est encore jeune et la lune scintillante. Après avoir déambulé sous acide et alcool pendant deux heures en ville, Jim décide de revenir au studio en escaladant le grillage d'entrée de Sunset Sound. Il fait alors irruption dans la pièce où il venait d'enregistrer The End, s'assied, enlève ses bottines et allume un joint. Quelques instants plus tard, paniqué à la vue du néon rouge de la porte du studio, son cerveau sous acide prend peur et associe le rouge à un danger imminent. Jim s'empare alors de l'extincteur et arrose de mousse tout le matos du groupe, y compris le clavecin ! Dans sa fuite, il abandonne une de ses bottines qui s'est coincé dans le grillage.







 

Le lendemain, Bruce Botnick reçoit un appel de Tutti Camaratta,  propriétaire du studio qui lui urge de débouler sur place pour obtenir des explications. La bottine de Jim a été retrouvé remplie de mousse mais l'intéressé affirme n'avoir aucun souvenir de l'incident. Quand on lui demande ce qu'il a foutu, il se contente de rigoler et de répéter : "J'ai fait ça moi ?". Le boss du label Jac Holzman se charge de faire un gros chèque pour satisfaire Camaratta avant que ce dernier ne lui recommande de dépenser son argent pour un autre groupe que les Doors. Holzman fait mine d'écouter son conseil et répond qu'il n'a plus à s'inquiéter. La suite, on la connaît… À ce jour, les ventes d'albums des Doors, tous formats confondus, dépassent les 50 millions d'exemplaires et ne font qu'augmenter.

 



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écrit par

Adrian Heys

Contributeur libre pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le mercredi 21 octobre 2020, mis à jour le mercredi 21 octobre 2020

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