logo

La légende noire derrière Led Zeppelin IV et Stairway to Heaven

Publié le 06/11/2020 par Virginie Paillard
Janis>Culte>La légende noire derrière Led Zeppelin IV et Stairway to Heaven>

La légende noire derrière Led Zeppelin IV et Stairway to Heaven

 


L’album le plus populaire de Led Zeppelin a aujourd’hui 49 ans. Considéré comme un monument du rock, il a subi pendant des années de nombreuses rumeurs et controverses, allant jusqu’aux accusations de messages sataniques…
 


C:\Users\Virginie\Downloads\led zep 4.jpg

 


 

Un album énigmatique 

 


1971 est une année riche pour l’histoire du rock : L.A Woman des Doors, Hunky Dory de David Bowie ou encore Sticky Fingers des Rolling Stones. À ce beau palmarès vient s’ajouter un mystérieux album sans titre. Il sort dans les bacs le 8 novembre de cette année. Sur la pochette, on voit suspendu à un papier peint décrépi le cadre d’un vieil homme portant du bois. Au dos, une vue urbaine avec une tour au second plan. En l’ouvrant, quatre symboles mystérieux. En déchiffrant les noms crédités, tout s’éclaire. Il s’agit du dernier album de Led Zeppelin.

Les fans ne tarderont pas à le surnommer Led Zeppelin IV, ou encore Four Symbols. Il connaît rapidement un succès considérable, avec des titres aujourd’hui encore mythiques : Black Dog, Rock’n’roll, When the Levee Breaks mais surtout, l’immense Stairway to Heaven. Huit minutes de pur plaisir pour les oreilles, avec l’un des meilleurs solos de guitare de l’histoire du rock. À sa sortie pourtant, les rumeurs sont allées bon train : Stairway to Heaven serait un titre satanique…
 



 

Four Symbols 

 


C:\Users\Virginie\Downloads\4 symboles.jpg



Trop d’éléments mystérieux pour le public. Outre la pochette et l’absence de titre, ce sont les quatre symboles présents à l’intérieur de l’album qui vont enflammer les imaginations. Ces symboles sont associés à chaque membre du groupe. Ceux de John Boham, le batteur et de John Paul Johns, le bassiste, sont tirés du Books of Signs de Rudolf Koch. Plant et Page, respectivement chanteur et guitariste du groupe, ont inventé le leur. Cependant, difficile de donner leur signification exacte.

 

C:\Users\Virginie\Downloads\Symbols.jpg



John Boham aurait choisi le sien car il évoque à la fois une batterie vue de haut, mais également sa famille. Celui de John Paul Jones représente une personne dotée à la fois de confiance et de compétence. Plant a choisi la plume de Maat, la déesse égyptienne, qui est aussi symbole de vérité. Quant à celui de Jimmy Page… difficile de dire d’où il provient. Le chanteur a seulement révélé qu’il ne fallait pas le lire ZoSo, comme on pourrait être tenté de le faire. Le « Z » représenterait Saturne, et donc le signe astrologique du Capricorne, dirigé par cette planète. Lorsqu’on sait que c’est aussi le signe du guitariste, cela fait sens.

Le groupe était attaché à ses symboles. Pendant une partie de la tournée en 1971, on les retrouvera sur leurs équipements de scène. Page ira même jusqu’à faire broder le sien sur ses vêtements.  

 

 
 
C:\Users\Virginie\Downloads\d3ff46a835f8f3f67ebb5ba412fae9bc.jpg


 


Controverses et accusations

 


Certains ont vu dans ces symboles autre chose : le S de Satan dans celui de Page ou la plume du pacte avec le Diable dans celui de Plant. Il faut dire qu’avec les antécédents du leader du groupe, il y avait de quoi se poser des questions. 

En effet, depuis l’âge de quinze ans, Jimmy Page était fasciné par l’ésotérisme et surtout par le sulfureux Aleister Crowley, prétendu mage occulte. L’année précédant la sortie de Led Zeppelin IV, il a même acheté son manoir sur les bords du Loch Ness, Boleskine House, réputé pour avoir été le théâtre de messes noires et autres sacrifices. Pour l’anecdote, un des amis de Page aurait entendu la tête d’un homme autrefois décapité à Boleskine House rouler sur le parquet. Cela expliquerait peut-être pourquoi le guitariste s’est séparé du manoir en 1992 !  
 

Boleskine House - Wikipedia

 

C’est en 1983 que la rumeur enfle de plus en plus. La chaîne chrétienne évangélique TBN (Trinity Broadcasting Network) diffuse une émission où Paul Crouch analyse le morceau Stairway to Heaven. Il joue alors la chanson à l’envers. Devant un public médusé, le présentateur affirme que l’on entend distinctement des paroles sataniques dans la chanson : « Here’s to my sweet Satan » ; « He’ll give you 666 ». Cette histoire ira loin : le parlementaire républicain Phil Wyman proposera une loi exigeant la mention de backmasking (présence de messages cachés à l’envers sur une piste musicale) sur les albums en contenant.

 


   

 


Le label de Led Zep, Swan Song Records répondra : « Nos platines ne tournent que dans un seul sens. À l’endroit. ». Robert Plant, lui, s’avouera déçu et attristé de ces accusations. Cela se comprend quand on sait qu’il a révélé à la presse que les paroles, écrites en deux heures seulement, lui avaient été soufflées par un ange. 

Aujourd’hui, il plane encore sur Led Zeppelin une ombre de mystère, que le groupe a sans doute volontiers entretenu. Quoi qu’il en soit, il demeure un groupe cultissime, incontournable de la culture rock. Il fait partie de ces groupes immédiatement identifiables, qui ne ressemblent à aucun autre, la réunion de quatre artistes de talent. Le destin devait les séparer après (seulement) douze ans d’existence et neuf albums, scellé par la mort du batteur John Boham, après un coma éthylique. 




 

avatar

écrit par

Virginie Paillard

Contributrice libre pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le vendredi 6 novembre 2020, mis à jour le dimanche 8 novembre 2020

ENCORE CURIEUX ?