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L'histoire derrière Love Me Do, le premier single des Beatles paru il y a 58 ans

Publié le 05/10/2020 par Maëva Vincent
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L'histoire derrière Love Me Do, le premier single des Beatles paru il y a 58 ans


Aujourd'hui, c'est le 58ᵉ anniversaire de Love Me Do ; morceau culte d'un groupe culte. Pour l'occasion, on revient sur ce titre qui est un des éléments fondateurs de la carrière des Beatles.  

 


On ne présente plus les Beatles. En revanche, on peut encore présenter Love Me Do : premier succès des jeunes artistes en 1962, classé 17ᵉ du hit-parade britannique. 

« C'est évidemment le premier single, mais plus important encore, c'est celui qui marque la volonté des membres du groupe de ne sortir que des chansons écrites par eux-mêmes"

Hamish MacBain, rédacteur en chef d'NME (magazine musical britannique). 


Love Me Do est issu d'une co-écriture entre John Lennon et Paul McCartney. Il est enregistré en septembre 1962 aux studios Abbey Road (EMI Studio à l'époque) de Londres ; jusqu'ici, c'est plutôt banale comme info. Ce qu'on oublie un peu trop souvent c'est qu'avant ce fameux titre, les Beatles étaient loin d'être stables. En effet, on assistait régulièrement à des changements de noms et de composition du groupe jusqu'à l'arrivée de Ringo Starr cette fameuse année. En 1962, ils sont enfin fixés.  

Le jour J, Paul, John et George avaient, en tout, une trentaine de chansons préparées ; des reprises pour la plupart mais aussi des compositions originales. George Martin, le directeur artistique du label a dit « J’ai remarqué Love Me Do à cause de la partie d’harmonica. J'aime ce son. Ça me rappelle les disques de Sonny Terry et Brownie McGhee que je sortais. J’ai trouvé que c’était définitivement attirant. » En parlant de l'harmonica, John l'aurait braqué dans une boutique en Hollande et l'aurait utilisé pour plusieurs titres.  

Love Me Do est le single qui précédera la publication du premier album du groupe Please Please Me le 22 mars 1963. Love Me Do c'est, par-dessus tout, le point culminant de l'accélération de leurs carrières. 

 


Concrètement, voilà ce que ça a donné au niveau commercial : numéro un des ventes de single aux États-Unis le 30 mai 1964 et meilleure vente pendant sept mois – c'est pas mal n'est-ce pas ?-. Pour la petite histoire, un témoignage affirme que le manager du groupe, Brian Epstein, a acheté 10.000 exemplaires du 45 tours pour stimuler les ventes le jour de la sortie. Epstein est un pionnier du management musical et les Beatles avaient de la chance de l'avoir. En tant que véritable génie, il a posé seul les bases du métier et de l'industrie du disque pour la moitié du siècle à venir.  

Puis, voici ce que cela a donné au niveau psychiatrique : la Beatlemania est déclenchée. L'engouement a été si fort qu'il a mis fin aux prestations scéniques des jeunes artistes. La productivité n'en reste pas moins fleurissante car les Beatles enregistrent cinq albums en deux ans, entre juillet 1964 et août 1966.  

 



Ce qui semble intéressant à préciser, c'est le contexte historique. Il n'y a que dix-sept ans qui se sont écoulés depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le pays n'a pas la forme : l'affaiblissement dû à la guerre, la perte – volontaire – des colonies au profit du Commonwealth et la ruine causée par la crise de 1929... Imaginez-vous à quelle vitesse le monde s'est-il transformé ? Il faut savoir qu'à cette époque en Angleterre et à Liverpool en particulier, les habitants font face à une hausse importante du chômage et que cela incite les jeunes gens à s'investir musicalement. C'est de ce contexte que naissent les Beatles, The Who et les Kinks par exemple.  
 


Pour conclure, économiquement, c'était pas la joie. Lorsque, à leurs débuts, le quatuor quitte Liverpool en van pour se produire, ils arrivent dans des bars à tapin en Allemagne et dorment dans la remise d'un cinéma pornographique de 12m2. Ce n'était qu'une histoire de temps, bien entendu. 

Malgré la ressemblance avec le titre Bye Bye Love des Everly Brothers – leurs prétendants vocaux américains de l'époque -, publié cinq ans plus tôt, c'est incontestablement un héritage culturel qui persiste. Les années soixante sont charnières : le modèle culturel européen prend autant d'importance que l'américain.  

Pour clôturer dignement ce zoom historique, voici ce que Lennon déclarait en 1970 à propos de ce titre : «Bon. J’étais pas emballé par ce morceau. » 

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écrit par

Maëva Vincent

Contributrice libre pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le lundi 5 octobre 2020, mis à jour le lundi 5 octobre 2020

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