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Fugees : Quand on n’a que l’amour 

Publié le 02/04/2021 par Georges Hein
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Fugees : Quand on n’a que l’amour 



En février 1996, le hip-hop voit s’émanciper et naitre des légendes du genre (et de la musique) comme De La Soul, Notorious B.I.G, Outkast, Mobb Deep ou encore The Roots. Les histoires des ghettos, la vie qui ne tient qu’à une balle entre deux gangs rivaux, la philosophie et les valeurs de ces milieux inondent les antennes. Et soudain, une voix vient stopper net la rotation du monde. Tout se fige le temps de laisser à l’Humanité rendre son dernier souffle pour  renaitre dans une aube rougeoyante. The Score est un album qui a fait bien plus que marquer l’industrie musicale ! Retour sur un groupe dont les échos résonnent encore aujourd’hui avec une intensité assourdissante. 

 

 

Pour couvrir de soleil 


Au milieu de toutes ses productions quasi documentaires sur fond de dénonciation, The Fugees décide de donner de l’espoir. Celui d’une vie sans rivalité, haine, regard en croix, meurtre. Plus encore, le groupe écrit : « Pendant que vous imitez Al Capone, je serai Nina  Simone » dans Ready or not. Il emprunte la férocité d’âme de la chanteuse pour dénoncer un système installé dans leur propre communauté conduisant à cette vie de « gangster ». Bien décidé à abattre de sang-froid ces habitudes, les trois artistes chantent plus loin : « les barreaux ne sont pas des portes dorées ». 

Avec la voix soul et aiguisée de Lauryn Hill, le groupe gratte les douleurs d’un peuple fatigué de ce quotidien dont le sens s’est perdu dans les larmes. Les rappeurs veulent faire cicatriser la marque (« the score ») dont eux-mêmes souffrent chaque jour. Ils clament au monde entier le désir de vivre avec le reste de l’humanité. Ces humanistes allient à leurs mots des actes, en  proposant leur support de réunification « The Score ». 


 

 

La laideur des faubourgs 

 

Les membres de The Fugees ne sont pas devenu ce qu’ils sont par hasard ! Car si leur démarche se singularisait, c’est aussi musicalement que la bande se démarque. Le hip-hop, encore maintenant, souffre d’un stéréotype de son agressif et de propos violent. Seulement voilà, le trio montre dès les années 90 qu’un gant de velours cache aussi une main de fer. 

Convaincu de la richesse des hommes, les Américains font tomber les barrières. Ils mélangent les influences musicales, notamment la soul et le reggae, pour enrichir aussi bien le son « eastcoast », que toutes personnes qui écouteront leur album. Ils n’hésiteront d’ailleurs pas à reprendre des titres phares comme Killing me softly with his song, ou No woman, no cry en y ajoutant des inspirations de leur milieu.

 




J’ai personnellement redécouvert un album d’une intensité rare dans le genre. Constituant un ouvrage quasi philosophique, l’opus des Fugees pourrait être étudié tant il refonde notre définition de l’Humanité. La beauté de cette réalisation est dans le mélange des genres, des influences, des idées, des cœurs et des âmes que le groupe a su cristalliser. 

Car au-delà de ce qu’il a apporté à la musique, The Score trace depuis 25 ans un chemin, sans avoir rien que la force d’aimer, pour, lorsqu’on l’achète, avoir dans ses mains le monde entier. Là où les prophéties de Nostradamus s’accomplissent, le groupe a su avec cette œuvre révolutionner l’industrie musicale, autant que les cœurs de chacun de nous. 
 










 

 

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écrit par

Georges Hein

Rédacteur en chef pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le vendredi 2 avril 2021, mis à jour le mardi 6 avril 2021

ENCORE CURIEUX ?