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Les petites histoires d'autodestruction d'instruments de musique / Intro + Chapitre 1 : Don't fuck with Jerry Lee Lewis

Publié le 03/11/2020 par Hugues Ranjard
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Les petites histoires d’autodestruction d’instruments de musique

 


Jimi Hendrix en Shaman qui brûle sa guitare à Monterey, Kurt Cobain en duel de jedi avec Krist Novoselic fracassant guitare contre basse... Des images aujourd’hui mythiques. Mais que se cache-t-il réellement derrière cet acte d’autodestruction ?

Cette pratique peut être considérée pour certains comme un geste artistique, politique voire philosophique. Le plus souvent, il s’agirait aussi d’un simple élan de colère du musicien ou bien le fait de succomber à l'énergie de la musique, d'une foule en délire. Pourtant, l’origine (et surtout la popularité) de cette pratique est un hasard que l’on doit au mémorable Pete Townshend des Who… 

 



Le phénomène de massacrer son instrument de musique ne laisse personne sans réaction. Certains comprennent, d’autres non. Townshend se souvient lui que certains membres du public étaient dégoûtés de voir des instruments de musique aussi coûteux être détruits. D’autres, au contraire, venaient aux concerts et n'attendaient que ça. Ce geste est devenu emblématique, encore plus au XXIᵉ siècle où nous avons désormais assez de recul pour réagir à froid, en retraçant l’histoire. Et cette histoire est d’autant plus intéressante qu’elle est née d’un simple hasard. 

Peter Townsend est sans contestation le musicien le plus connu pour ses destructions de guitares. Cette pratique est maintenant considérée comme celle d'une "rockstar". La culture rock lui attribue le mérite d'avoir été le "fondateur” de ce mouvement. C’est cependant Jerry Lee Lewis qui serait le premier musicien de rock à avoir démoli un instrument en live.



 

Chapitre 1 : Don’t fuck with Jerry Lee Lewis



  
 



L’histoire est mémorable. Le 28 mars 1958, plusieurs artistes participent à un co-plateau lors d’une soirée au célèbre Brooklyn Paramount Theater de New York. Jerry Lee Lewis en fait partie, ainsi que Chuck Berry (entre autres). À cette époque, Jerry Lee Lewis était le plus populaire des artistes qui se représentaient ce soir-là. Ainsi, il devait être le dernier artiste à passer pour clôturer la soirée en beauté. Ce ne fut pas le cas. Sans vraiment savoir pourquoi (les histoires diffèrent mais il s’agirait d’un souci de contrat), c’est Chuck Berry qui est passé en dernier. 
 




Et Jerry Lee Lewis, il fallait pas trop l’emmerder. Il n’est pas surnommé The Killer pour rien. Sur scène, il offrait à chaque fois des prestations complètement folles. Il frappait son clavier avec ses points et ses talons, ou alors jouait du piano debout (pour toi Michel). 

Ce soir-là, à la fin de son set, Jerry Lee Lewis interprète le morceau Great Balls Of Fire. En feu pendant sa prestation, il se lève, pousse le tabouret du piano et verse de l’essence (qu’il avait placé dans une bouteille de coca) sur le piano à queue. Il jette alors une allumette, le tout prend feu et lui continue à jouer son morceau. Une fois fini, il se retire, regarde Chuck Berry dans les yeux et lui dit : “I want to see you follow that Chuck”. Mic down. 

Pour avoir une petite idée du personnage, voilà ce que donnait une prestation de Great Balls Of Fire au Saturday Night Beechbut Show la même année.

 


 


La suite de la série la semaine prochaine avec le chapitre 2 : Pete Townshend, initiateur malgré lui. 


 
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écrit par

Hugues Ranjard

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le mardi 3 novembre 2020, mis à jour le mercredi 4 novembre 2020

ENCORE CURIEUX ?