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John Lennon/Paul McCartney : Amour conflictuel / Chapitre 2/5

Publié le 10/04/2020 par Hugues Ranjard
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Chapitre 2 : Le succès, Lennon/McCartney au sommet 

 

On y est, les Beatles sont au complet en 1962 et le succès arrive avec la sortie de Love Me Do. À l’époque, ils avaient fait pression sur George Martin pour sortir en single une composition et non pas une reprise. Des puristes dès le début, c’est ça qu’on aime. 

Il est bien connu que Lennon et McCartney avaient des styles différents, Paul écrivait beaucoup de chansons légères racontant des histoires à la troisième personne. John, quant à lui était moins technique et optait pour des sujets plus introspectifs, se mettant à nu avec des morceaux comme I’m a loser.  En toute sympathie John disait que Paul écrivait “des histoires sur des gens intéressants qui font des trucs intéressants”. 

Rien de mieux que la parole des intéressés pour les décrire. John disait que “Paul apportait la légèreté, l’optimisme, tandis que je tendais vers la tristesse, la discorde, la note bluesy”. Leurs différences de style ont souvent divisé et amènent régulièrement à une préférence, certains seront plus dans la team John Lennon et d’autres chez Paulo. 

Sûr de ses forces (à raison) John disait aussi “C’est clair que j'écrivais des mélodies, et parmi les meilleures.” 


 

Les morceaux sont néanmoins tous plus ou moins écrits à quatre mains. Les idées fusaient entre eux. Une note pouvait suffire à composer un chef-d’œuvre, du genre I Want To Hold Your Hand, pratique !  Lennon disait à l’époque de ce morceau que “ Paul a joué un accord, je me suis retourné vers lui et j’ai dit : “c'est ça refais-le !”. À cette époque on composait vraiment comme ça, en jouant chacun sous le nez de l’autre”... Les deux n’ont jamais quitté une session de composition sans repartir avec une chanson… 

Durant leurs tournées américaines, le bon vieux Bob Dylan va initier les Beatles à la marijuana. Le pétard va jouer un nouveau rôle dans leurs compositions… Comme s'ils n'avaient pas déjà tout ce qu’il fallait avant. Les substances vont les amener vers des compositions psychédéliques d’une nouvelle envergure. On peut aussi bien sentir l’odeur de drogue en regardant le film Help! où les Beatles fumaient des joints en cachette entre deux scènes.


 



 

Vers 1965, alors que la Beatlesmania est au sommet, que les concerts ne sont plus que cris assourdissants des fans, la production musicale du duo est toujours hallucinante. La sortie des albums Rubber Soul et Revolver marque un tournant. Cependant, Paul s'intéresse de plus en plus aux techniques d’enregistrement et d’innovation alors que John est centré sur la musique en elle-même.

Un sentiment de compétition commence de plus en plus à se faire sentir. Ils composent de moins en moins les morceaux de toutes pièces ensemble mais s’aident à les compléter avec du texte ou bien une nouvelle idée musicale. Il en existe un cas flagrant avec le culte Strawberry Fields Forever. C’est Paul McCartney qui a eu l’idée de l’introduction au mellotron qui est devenu si emblématique du morceau. 






 

Chacun voudrait que sa compo sorte en Side One du single. La qualité de leurs chansons est si bonne qu’ils vont inventer le concept de “double face À”. Ça en dit long.

C’est le cas pour Strawberry Fields Forever  (Lennon) et Penny Lane (McCartney) qui traitent toutes deux de leurs enfances respectives à Liverpool. La différence de style entre les deux montre exactement l’identité propre aux  deux musiciens. 

C’est pendant la deuxième partie de la carrière des Beatles que Paul va prendre petit à petit le contrôle, tenir la baraque et se montrer de plus en plus “Bossy”. Effectivement, il se montre curieux de toute la scène underground londonienne, toujours à l'affût de nouveautés. 


 



 

John, de son côté se shoote de plus en plus au LSD et compose des morceaux psychés aux structures complexes comme I Am The Walrus ou Lucy In the sky with Diamonds. Preuve à l’appui que beaucoup de ses nouveaux morceaux sentent la drogue à plein nez : I Am The Walrus signifiant : “Je suis un morse”... 

 

 

 

I am he as you are he as you are me 
And we are all together
See how they run like pigs from a gun
See how they fly
I’m crying


Sitting in a corn flake
Waiting for the van to come
Corporation T-Shirt, stupid bloody tuesday
Man you’ve been a naughty boy
You let your face grow long

 

I am the egg man 
They are the egg men 
I am the Walrus
Goo goo g’joob





 

Le duo n’en a tout de même pas fini avec les éclairs de génie en composant ensemble A Day In The Life ou encore She’s Leaving Home de l’album Sergent Pepper Lonely Heart Club Band.  C'est alors que les vrais problèmes vont commencer... 

 

La suite la semaine prochaine dans le chapitre 3 : Tensions et indépendances

 

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écrit par

Hugues Ranjard

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le vendredi 10 avril 2020, mis à jour le mercredi 6 mai 2020

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