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John Lennon/Paul McCartney : Amour conflictuel / Chapitre 3/5

Publié le 22/04/2020 par Hugues Ranjard
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Chapitre 3 : Tensions et indépendances

 

Le conte de fée des meilleurs amis et artistes les plus célèbres du monde aura ses limites. On le sait bien, trop de talent dans un groupe crée des tensions. Ça a été le cas avec David Gilmour et Roger Waters de Pink Floyd et tant d’autres. Comme dans la vie ordinaire, la raison de tensions entre deux meilleurs potes peut être en partie dû à une femme. Ce sera le cas ici avec Lennon et McCartney, non pas un triangle amoureux, oh que non, c’est tout le contraire. 

Il est ici évidemment question de Yoko Ono qui débarque dans la vie de John en 1968 bien que rencontrée pour la première fois en 66. Elle occupe absolument toute la place dans son cœur. Paul rencontre lui Linda ce qui les sépare toujours un peu plus. Toutefois, on peut le dire, John a déconné. Il a aménagé un lit dans le studio pendant les sessions d’Abbey Road pour que Yoko s’y repose après un accident, ça en est trop.  Une règle d’or des Beatles était à la base qu’aucune de leur compagne n’assiste aux séances d’enregistrement. L'arrivée de Yoko dans le studio signe en effet le début des emmerdes pour le groupe. Pour couronner le tout, elle s’envoie les gâteaux de George Harisson. Et à l’époque, chacun savait qu’il ne fallait surtout pas toucher à ses gâteaux. 

 

 

Ça ne va plus au sein des Beatles. Après un trip en Inde, ils enregistrent ce qui deviendra le White Album dans un climat hyper tendu où chaque musicien tente d'éviter l’autre avec le seul désire d'enregistrer ses propres morceaux. On a du mal à y croire en écoutant le disque, toujours au sommet de ce qui se faisait à l’époque (et de ce qui fait aujourd’hui, pour la provoque). 

Paul avait à la fin des Beatles toujours faim de nouveauté et d'expérimentations. La dernière réunion des Beatles portera néanmoins ses fruits avec le joyau Abbey Road malgré la présence de Yoko, qui rode... Les tensions sont présentes mais le génie et les contributions communes sont énormes. Paul est à l’origine de la ligne de basse culte du morceau Come Together. Leurs voix vont vibrer ensemble pour une des dernières fois avec l’enregistrement de Because, accompagné évidemment de George Harrison et de ces 3 harmonies (multipliées par 3) venues de l’espace.

La face B du disque et le fameux medley composé de morceaux courts inachevés est la touche finale du duo John/Paul où leurs morceaux respectifs se succèdent. McCartney est au côté de George Martin pour travailler les enchaînements de morceaux alors que John Lennon juge l’idée trop complexe. Tu parles.
 


Et le pauvre George Harrison dans tout ça ? Et oui, Lennon/McCartney prennent beaucoup de place et on comprend pourquoi. George est longtemps resté dans l’ombre des deux, ses compositions étaient jugées insuffisantes au début des Beatles. Ses morceaux étaient souvent placés au tout début du disque, qu’il s’agisse de la face A ou B afin que l’on puisse mettre le deuxième morceau directement…  

 
 


Il a fallu que Georgi compose des morceaux comme Something et Here Comes The Sun pour obtenir un minimum de considération en tant que compositeur, quand même ! Lennon admettra pour autant que Something est un des meilleurs morceaux de l’album.

Toutefois, George ne réussira jamais à sortir de ce sillon, encore moins après une déclaration de Frank Sinatra disant que (encore) Something était sa composition préférée du duo “Lennon-McCartney”. Pas étonnant qu’en 1970, George sorte le premier album solo des quatre Beatles. Le triple album All Things Must Pass est montré au monde le 27 novembre et comporte de nombreuses chansons alors refusées par les Beatles. Frustration…

En 1969, peu de temps après la sortie d’Abbey Road, Lennon quitte les Beatles pour de bon. La nouvelle va rester secrète jusqu'à ce que Paul l’annonce dans un communiqué promotionnel de son premier album solo. John est furieux et accuse Paul de s’attribuer la séparation des Beatles. En plus de cela, de s’en servir pour promouvoir son premier album. On peut le comprendre c’est pas très fair play.

 


 

La dissolution officielle des Beatles et du duo Lennon-McCartney ne se fera qu’en 1974 à New York. John signera cette séparation à distance durant un week-end à Disneyland avec son fils Julian et son assistante May Pang… 
Les Beatles, c’est fini. Les carrières solos ne font cependant que commencer et la concurrence entre les deux atteindra alors de nouveaux sommets. 

La suite la semaine prochaine dans le chapitre 4 : Les années solos et tacles à distance.



 
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écrit par

Hugues Ranjard

Rédacteur pour Janis, nouveau média 100% musique lancé par LiveTonight

Publié le mercredi 22 avril 2020, mis à jour le mercredi 6 mai 2020

ENCORE CURIEUX ?